Bonjour,

Comme convenu ici, je vous livre le récit de mes tout premiers tours de piste après 3 mois de pratique "sauvage" avec mon TT 1/8 Brushless. Cette entrée en matière a eu lieu au club de modélisme des Marmousets (94 : http://www.club-rc-jean-moy.com). Le club propose un pass' découverte permettant de rouler sur la piste de son choix, sans être adhérent du club, à condition d'avoir une licence FFVRC.

J'étais passé le week-end précédent pour voir quel genre d'engins roulaient habituellement sur cette piste TT. J'y avais vu en majorité des 1/5 thermiques et quelques Brushless 1/10 & 1/8.

Le jour J, j'arrive au club assez tendu. Je n'avais qu'une hantise : casser dans les premières minutes, sans possibilité de réparer, et ainsi gâcher la première opportunité de roulage et d'apprentissage.

Les stands sont spacieux, avec de très nombreux établis (avec une alimentation électrique pour chaque) partagés entre la piste TT et la piste asphalte. L'estrade de pilotage est à l'ombre, ce qui ne gâte rien.

Dès mon arrivée sur les stands, je me présente et indique que "je débarque". L'accueil est très chaleureux et 2 membres du club me présentent les installations et, à ma demande, m'indiquent les quelques règles de bases en vigueur ici. Ils se sont vite montrés très curieux de voir mon engin. Ils roulent sur asphalte mais ont entendu parler du BX8SL et veulent le voir. S'ensuit donc une discussion agréable autour de la mécanique et de mes premières impressions.

A cette heure, la piste TT est déserte et je fais donc l'impasse sur la période d'observation que j'avais prévue.
Je refais donc 2 fois le tour de mon engin (Tout est-il bien serré, tout est-il bien en place ???) et pose mon buggy sur le 'rail de ravitaillement' parallèle à la ligne droite. Cette fois-ci, c'est parti pour de bon !!!

Je monte, fébrile, l'escalier qui mène à l'estrade, et prends le temps de m'habituer au point de vue qu'on a de là-haut.

Go : première mise de gaz tout en douceur pour m'insérer sur la piste. Je décide de faire le premier tour au ralenti pour prendre mes marques et bien régler mon trim de direction. La piste propose de nombreuses surfaces différentes : "moquette", terre, béton et bois. Je suis tellement nerveux que je n'arrive pas à empêcher une de mes jambes de trembler frénétiquement. Je continue quelques tours à allure tranquille, sans encore prendre aucun saut. Ca me permet aussi de me familiariser avec le freinage sur ces différentes surfaces.

Après encore quelques tours, je rentre aux stands pour inspecter ma machine. Ayant monté des fusées alu il y a peu, j'ai encore du mal à doser le frein filet et j'ai déjà semé plusieurs vis. Je vérifie le serrage des 2 vis supérieures de mes fusées et décide de repartir en piste, un peu plus vite cette fois, pour tester quelques sauts. Sur cette piste, il y a 1 gros simple, 2 petits simples, un double et une "table américaine".

Au moment de mettre ma voiture en piste, j'avise un membre du club qui s’apprête à faire rouler son TT 1/5. Nous entamons la discussion et il me fait part de ses difficultés sur la partie de la piste qui et le plus loin de l'estrade. Cette section est parallèle à l'estrade, et à cette distance il lui est très difficile de bien sentir où se trouve sa voiture sur la largeur de la piste. J'ai exactement les mêmes difficultés.

Je pars en piste et commence à goûter quelques sauts. Le buggy a une légère tendance à plonger du nez. Ce qui m'arrange : il m'est plus facile de corriger l'assiette avec les gaz qu'avec le frein.
J'aborde le double, enfin décidé à faire voler mon engin. Je manque de vitesse, rebondis sur la 2ème bosse, pars en soleil et finis sur le toit. Ce sera le premier de mes nombreux aller-retours entre mon buggy retourné et l'estrade.

Je décide de continuer à tourner en augmentant encore un peu la cadence. Il est très surprenant pour moi de voir que je ne suis à 100% d'accélération que dans la ligne droite. Ca change des pointes sur la route et dans les chemins du bois dans lequel j'ai l'habitude de rouler. Ca ouvre la porte à la subtilité et au soin des trajectoires.

Malheureusement, je suis rapidement contraint à un arrêt réparation : j'ai une fois de plus heurté le bord de la piste sur la section qui me pose tant de problèmes et mon palonier de servo en a perdu toutes ses dents. Ayant encore du mal à bien régler la dureté de mon sauve-servo, j'avais prévu le coup et pris 2 palonniers de rechange avec moi.

Le remplacement m'a pris 20mn. J'ai pris le temps de le faire correctement sans me précipiter et en ai profité pour recharger mon unique batterie, et assouplir le sauve-servo. J'ai maintenant, je pense, le bon réglage : sur le reste de l'après-midi j'ai dû heurter 4 ou 5 fois le même endroit à la même vitesse, et mon palonnier a tenu le coup.

Je commence à prendre mes aises et décide de tenter de forcer un peu l'engin en courbes pour voir comment il glisse.
Je n'ai pas encore ouvert les diffs et mis l'huile à la viscosité conseillée par le concepteur de mon engin. Mon buggy sous-vire donc sévèrement à l'accélération en courbe. Mais ça n'empêche pas de s'amuser.

Je m'amuse tellement que l'enthousiasme me gagne et je commence à faire pas mal d'erreurs. J'ai du mal, sur les 5 tours qui suivent, à boucler un tour sans finir sur le toit. Ce qui finit par avoir raison d'un de mes supports d'aileron. Le téton plastique sur lequel vien s'enfiler l'aileron finit raboté sec. Heureusement, j'avais pris dans ma caisse tout ce dont je pensais avoir besoin, et même plus. Je tente une réparation de fortune et perce donc le support d'aileron à la Dremel pour y enfiler un Rislan. Hors de question de stopper maintenant.

Je pars donc en piste, me promettant d'être plus prudent. Mais cet excès de prudence fait que je manque souvent de vitesse. Les réceptions sont chaotiques et je me retrouve encore sur le toit. Ma réparation de fortune s'avère complètement inefficace et je commence à me faire à l'idée de remballer plus tôt que prévu.

Mon voisin d'établi, très occupé sur son engin depuis le début de l'après-midi, me voit tout dépité et me demande ce qui m'arrive. Je lui montre mon support d'aileron et il me sauve la journée : Une vis de 3mm à tête fraisée rentrée en force dans le trou percé plus tôt fera parfaitement l'affaire. Exactement ce qu'on attend de la pratique en club : l'attention aux autres et l'entraide dans les galères.

Je termine ma batterie sans trop de problème et la remets en charge. Bien décidé à profiter au maximum de cette journée de découverte. Je mets cette heure à profit pour faire une inspection générale de l'engin. Bien m'en a pris, j'ai encore perdu une vis de fusée. Je la remplace avec une bonne dose de frein filet et laisse tout ça reposer pendant la petite heure de charge qu'il me reste.

Un autre membre du club s'approche, visiblement curieux de voir une nouvelle tête et un nouvel engin. Il me donne tout un tas de conseils sur les réglages de la géométrie, les pneus et la conduite. Je lui fais part du dernier souci que je n'ai pas encore réussi à régler sur mon buggy : Il ne freine pas droit. Sur les freinages appuyés, il part systématiquement à gauche, au point même de partir en tête-à-queue, même sur l'asphalte. J'ai pourtant bien réglé mon trim de direction et mesuré toutes les biellettes pour m'assurer que tout est bien symétrique, rien n'y fait. Il me dit qu'une revue/remplissage des diffs devrait corriger le problème. C'est ce que nous verrons la semaine prochaine.
Ma batterie enfin chargée, il m'accompagne sur l'estrade pour m'observer piloter et me prodigue encore quelques conseils bien utiles. Exactement ce que j'attends de la pratique en club : l'échange.

Voilà donc une journée bien remplie. Riche en adrénaline et en enseignements.

Pour conclure, je listerai les points essentiels de cette journée :

- Commencer doucement, sans avoir peur
- Prendre tout l'outillage et les pièces dont on dispose, même si on est persuadé de ne pas en avoir besoin
- Discuter, discuter et discuter encore pour apprendre

A bientôt pour de nouvelles aventures.